Tour 2014 (14e étape) : Majka dans l'ombre de Nibali
[caption id="attachment_16761" align="alignnone" width="400"]
Battu la veille, le Polonais Rafal Majka a cette fois vaincu Nibali.
Pourtant, le maillot jaune est sorti encore vainqueur de l’étape du jour.
De notre envoyée spéciale à Risoul
Il y a des signes qui ne trompent pas.
La conférence de presse en offre en général quelques-uns, et parfois des plus précieux.
Hier, celle de Rafal Majka a été pour le moins expéditive.
Preuve que sa victoire, pour aussi méritoire soit-elle, restera anecdotique dans ce Tour marqué, plus que jamais, de l'empreinte de Vincenzo Nibali.
Et pourtant, cette fois, le Polonais a résisté.
Autant la veille, vers Chamrousse, il avait rendu les armes devant l'attaque du Transalpin, et surtout sa quête perpétuelle de secondes supplémentaires.
Autant hier, la grosse minute d'avance qu'il possédait quand Nibali a décidé d'aller à sa pêche au temps s'est révélée suffisante.
" Majka mérite sa victoire. Il est très fort "
Il faut dire que l'Italien ne cherchait pas la victoire.
Pas plus, pas moins que vendredi au demeurant.
Mais cette fois, ses rivaux ne l'ont pas menacé.
Il a donc pu laisser Majka voler vers son destin.
Et, si le Polonais de Tinkoff-Saxo n'est pas le plus connu du peloton, le voir s'imposer dans les Alpes n'est pas une surprise.
Dès le printemps, il était par exemple aux avant-postes sur le Critérium international, avec une 5e place en haut de l'Ospedale et une 4e au général.
Mais c'est surtout sur les routes capricieuses du Giro qu'il s'est illustré.
Treizième l'an dernier du Tour d'Italie, il a fini 6e à Trieste il y a un mois et demi, avec une multitude d'accessits dans sa besace.
Alors oui, cette victoire de Rafal Majka – la première grande victoire de sa carrière – ne doit rien à personne.
Ni même à Nibali qui s'est d'ailleurs fait l'avocat du Polonais en conférence de presse.
« Majka mérite sa victoire. Il marche très fort, a souligné le maillot jaune. Je suis content pour lui. Quand j'ai accéléré, il comptait plus de 50 secondes d'avance et mon objectif était moins de le reprendre que de gagner quelques secondes sur mes adversaires. »
Mission accomplie : il a encore accentué son capital temps sur les Valverde, Bardet, Pinot et Van Garderen.
Au sortir des Alpes, il est plus que jamais le patron.
Au point de faire de l'ombre, bien malgré lui, au beau numéro de Majka.
clin d’oeil
Métamorphose
Dans sa vie d'avant, Vincenzo Nibali avait souvent des fourmis dans les jambes.
Avec un goût prononcé, parfois insensé, pour l'attaque.
Les descentes étaient son royaume et il ne craignait pas de jouer au kamikaze.
Question de caractère sans doute, d'un certain amour du vélo aussi.
Avec lui, point de course stéréotypée.
Et rien que pour ça, on peut se réjouir qu'il ait préféré cette année le Tour au Giro.
Devenu maillot jaune, il n'a rien perdu de son audace.
Bien au contraire.
Chaque jour ou presque, il place une accélération.
Sauf qu'aujourd'hui, chacune de ses attaques se révèle utile.
A la Planche des Belles-Filles, comme vers Chamrousse ou, hier, à Risoul, l'Italien a ajouté des petites pierres à son édifice.
Il y va à coup de dizaines de secondes par-ci, de dizaines de secondes par-là.
Sans arrogance mais avec une efficacité sans faille.
Assurément fort – l'étape des pavés en fut la parfaite illustration –, ce nouveau Nibali se veut surtout raisonnable.
Et ce sera peut-être bien ce nouveau trait de caractère qui lui vaudra de s'imposer dans huit jours sur les Champs.
roue libre
"Je sors des Alpes fatigué, je ne vais pas vous mentir"
« On a vécu une vraie journée de montagne. Cela a été dur, dès le Lautaret qui était long. J'ai lâché à trois bornes du sommet de l'Izoard. J'espérais rentrer dans la descente mais ils l'ont fait à bloc devant. Alors après, j'ai géré. Mais on n'a pas fait non plus la montée de Risoul tranquille, faut pas croire. Comme beaucoup, je sors des Alpes fatigué, je ne vais pas vous mentir. Demain (aujourd'hui), l'étape est plate mais il pourrait y avoir du vent de côté et rendre la journée compliquée. On voit bien que ce Tour est hyper ouvert, à part Nibali qui est vraiment au-dessus. Les étapes des Pyrénées seront très courtes, avec beaucoup de difficultés. On risque d'assister à des renversements, comme au Dauphiné. C'est ça qui est cool dans ce Tour. »
Annaïck Mainguy
(La Nouvelle, 20 dimanche juillet 2014 Le Roman
Tour 2014 (14th stage): Majka in the shadow of Nibali
Beaten yesterday, Poland's Rafal Majka this time defeated Nibali.
However, the yellow jersey is still out stage winner of the day.
From our special correspondent in Risoul
There are signs that do not lie.
The press conference typically offers a few, and sometimes more valuable.
Yesterday, the Rafal Majka was at least expedient.
Evidence that his victory, for as meritorious as it is, remains anecdotal in this Tour marked more than ever, the footprint of Vincenzo Nibali.
Yet this time the Poles resisted.
As the day before, to Chamrousse, he had surrendered before the attack Transalpin, and especially his perpetual quest of extra seconds.
As yesterday, the big minute lead when he had Nibali decided to go fishing at the time proved sufficient.
"Majka deserves his victory. He is very strong"
I must say that the Italian did not seek victory.
No more, no less than remaining Friday.
But this time, his rivals have not threatened.
So he could leave Majka fly to his fate.
And if the Poles Saxo-Tinkoff is not the best known of the bunch, see prevail in the Alps is not a surprise.
By the spring, it was, for example at the forefront of the Criterium International with a 5th place at the top of the Ospedale and 4th overall.
But it is especially on the roads of the Giro capricious it is shown.
Thirteenth last year's Giro d'Italia, he finished 6th in Trieste there is a month and a half, with a multitude of runners in his wallet.
So yes, this victory Rafal Majka - the first major victory of his career - owes nothing to anyone.
Or even Nibali who is also an advocate of the Polish press conference.
"Majka deserves his victory. He works very hard, stressed the yellow jersey. I'm happy for him. When I accelerated, there were more than 50 seconds ahead, and my goal was to take less than winning a few seconds on my opponents. "
Mission accomplished: he accentuated his time on the capital Valverde, Bardet, Pinot and Van Garderen.
At the end of the Alps, it is more than ever the boss.
To the point of shade, despite himself, the handsome number Majka.
wink
metamorphosis
In his previous life, Vincenzo Nibali often had restless legs.
With a taste, sometimes foolish, for the attack.
The raids were his kingdom and he was not afraid to play kamikaze.
Question of character doubtless some love biking too.
With him, Race Point stereotypical.
And just for that, we can rejoice that he preferred this year's Tour at the Giro.
Become yellow jersey, he lost nothing of his audacity.
Quite the contrary.
Almost every day, it puts an acceleration.
But today, each attack is useful.
A la Planche des Belles Filles, or as to Chamrousse yesterday in Risoul, the Italian added small stones in his building.
There will suddenly tens of seconds per one of tens of seconds and there.
Without arrogance but with seamless efficiency.
Certainly strong - step pavers was the perfect illustration - this is especially new Nibali wants reasonable.
And this may be what new trait that earned him win in eight days on the Champs.
freewheel
"I go tired of the Alps, I will not lie to you"
"We had a real day in the mountains. It was hard, at the Lautaret was long. I dropped three terminals of the top of the Izoard. I was hoping to go in the downhill but they did block before. So after I managed. But we did not either rising quiet Risoul, do not believe. Like many, I go tired of the Alps, I will not lie to you. Tomorrow (today), the stage is flat, but there could be wind side and make the complicated day. It is clear that the Tour is super open, except Nibali is really over. The steps of the Pyrenees will be very short, with great difficulty. The danger is to reversals, as the Dauphiné. That is what is cool in this Tour."
Annaïck Mainguy
(La Nouvelle, 20 Sunday July 2014 The Roman)
No comments:
Post a Comment
Note: only a member of this blog may post a comment.