

Comptes à l'étranger : les "repentis" sont souvent des héritiers [caption id="attachment_10528" align="alignnone" width="400"]

(Vue de la ville de Genève. (© Vincent Isore/IP3 press)) (View of the city of Geneva (© Vincent Isore/IP3 press))[/caption]
(SOURCE AFP)
La majorité des candidats à la régularisation ont hérité de leur compte en Suisse... et sont aujourd'hui poussés dehors par les banques.
Ils sont des milliers à se présenter auprès du fisc pour régulariser leur situation : ces Français titulaires d'un compte non déclaré à l'étranger en ont le plus souvent hérité et sont poussés dehors par les banques, soucieuses de se conformer au nouvel ordre fiscal mondial.
Aujourd'hui, Bercy a reçu "plus de 8 500" dossiers de ces "repentis", attirés par les conditions de régularisation permises par la circulaire signée fin juin par le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, a assuré celui-ci lundi.
Ce cadre prévoit notamment que les pénalités soient moindres pour les fraudeurs dits "passifs".
De fait, selon plusieurs avocats fiscalistes, ceux qui ont hérité d'un compte en Suisse qui dort depuis des années constituent la grande majorité des candidats à la régularisation.
"La plupart du temps, ce sont des parents qui souhaitent régulariser une situation inconfortable pour ne pas la transmettre à leurs enfants", explique Meyer Azogui, président de Cyrus Conseil.
Mais aussi, précise-t-il, "les banques suisses annoncent clairement qu'elles ne veulent plus de capitaux non déclarés.
Elles adoptent désormais des techniques de séduction inversement proportionnelles à celles qu'elles pratiquaient à l'entrée, lorsqu'il s'agissait de séduire de nouveaux clients".
Suisses ou non, les banques contactent depuis quelques mois leurs clients français non déclarés pour qu'ils se mettent en règle avec le fisc, n'hésitant pas à menacer d'une fermeture de compte pure et simple.
Le "Forum mondial sur la transparence et l'échange de renseignements à des fins fiscales", organisation de 120 pays sous l'égide de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), n'a pas manqué, fin novembre à Jakarta, de lancer un nouvel avertissement à ceux qui tenteraient encore d'échapper aux nouvelles règles mondiales.
"Les banques font bien comprendre à leurs clients qu'il faut changer les choses", dit un avocat fiscaliste d'Aix-en-Provence qui a requis l'anonymat.
Pour lui, la pression exercée par les banques explique pourquoi il y a en 2013 davantage de "repentis" que trois ans plus tôt, alors même que le dispositif mis en place alors par Éric Woerth était plus intéressant pour les fraudeurs.
"Périodes instables" Par ailleurs, ces clients héritiers sont aussi ceux qui, le plus souvent, n'ont pas les plus gros comptes.
Selon Pierre Dedieu, avocat associé de CMS Bureau Francis Lefebvre, "l'essentiel des dossiers concernent des comptes de moins de un million d'euros".
Or, les banques étrangères, toujours par crainte d'être pénalisées, sont très réticentes à autoriser les retraits en liquide "donc les titulaires ne peuvent pas rapporter l'argent en deux-trois voyages", ironise-t-il.
Reste que si l'héritage a été fait après le 1e janvier 2007, s'ajoute aux pénalités le rattrapage des droits de succession, une situation qui peut obliger à régler au fisc jusqu'à la moitié du capital.
"Les dossiers que nous traitons reflètent les grandes périodes d'instabilité de l'histoire contemporaine", explique Pierre Dedieu.
Il cite le Front populaire, la guerre de 39-45, mais aussi Mai 68, qui a conduit beaucoup de familles bourgeoises à sortir leurs fonds, ou encore 1981, lorsque l'arrivée de la gauche au pouvoir a fait craindre des confiscations.
Ceux qui auraient utilisé sciemment ce compte à l'étranger, qu'ils l'aient ouvert ou non, pour dissimuler rémunérations occultes ou rétrocommissions sont évidemment rares.
"Ils savent qu'en contactant le fisc ils prennent un risque pénal quasi avéré et, du coup, ne choisissent pas la régularisation", analyse ce spécialiste.
De fait, selon un avocat fiscaliste parisien ayant requis l'anonymat, le chiffre de 8 500 dossiers de demande de régularisation est "ridicule si on considère que, rien qu'en Suisse, il y a plus de 100 000 comptes détenus par des Français".
Un argument que ne partagent pas la plupart des autres conseils interrogés.
Pour Pierre Dedieu, en plus des résultats de la cellule Woerth et des régularisations spontanées depuis, "on va arriver à environ 15 000 régularisations depuis 2009".
Et le bénéfice pour l'État pourrait, selon lui, être même supérieur au milliard d'euros espéré par le gouvernement en 2014.
(Le Point, 3 mardi décembre 2013 le Roman)
Accounts abroad: "repented" are often heirs (SOURCE AFP)
The majority of candidates to stabilize inherited their account in Switzerland ... and are now pushed out by banks.
There are thousands to stand with the taxman to regularize their situation : the French holders of undeclared foreign account most often inherited and are pushed out by the banks concerned to comply with the new tax order world.
Today Bercy received over 8,500" records of the "repented", attracted by the regularization conditions permitted by circular signed by the end of June Budget Minister Bernard Cazeneuve assured it Monday.
The framework provides that the penalties are lower for the so-called "passive" fraudsters.
In fact, according to several tax lawyers, who have inherited a Swiss account sleeping for years constitute the vast majority of applicants for regularization.
"Most of the time, these are parents who wish to regularize an uncomfortable situation so as not to pass on to their children," said Meyer Azogui, President Cyrus Council.
But also, he says, "Swiss banks announce clearly that they want more not been declared. They are now adopting seduction techniques inversely proportional to those they practiced at the entrance, wheres' was to attract new customers."
Swiss or not, contact the bank for a few months their French customers unreported for them to put in good standing with the IRS, not hesitating to threaten closure straightforward account.
The "Global Forum on Transparency and Exchange of Information for Tax Purposes," organization of 120 countries under the auspices of the Organisation for Economic Cooperation and Development (OECD), has not failed in late November to Jakarta to launch a new warning to those who try to escape again to new global rules.
"The banks understand their customers need to change things," said a tax lawyer in Aix Provence, who requested anonymity.
For him, the pressure exerted by banks explains why there is more in 2013 "repented" that three years earlier, even though the system put in place by then Eric Woerth was more attractive to fraudsters.
"Unstable periods" Moreover, these heirs customers are also those who most often do not have the biggest accounts.
According to Pierre Dedieu, partner at CMS Bureau Francis Lefebvre lawyer, "most of the cases involve accounts of less than one million euros."
However, foreign banks, always in fear of being penalized, are very reluctant to allow cash withdrawals "so owners can not bring money in two to three trips," he quips.
Yet if the legacy was made after 1 January 2007, in addition to the penalties catching inheritance, a situation that may require tax to be paid at up to half the capital.
"The issues we deal reflect major instability periods of modern history," said Pierre Dedieu.
He cites the Popular Front, the war of 39-45, but in may 68, which has led many middle-class families to leave their land or even 1981, when the arrival of the left in power was fear of confiscation.
Those who have knowingly used this account abroad, whether they open or not, to conceal hidden fees or kickbacks are obviously rare.
"They know that they are contacting the IRS criminal risk almost proved and, hence, do not choose the regularization,” this analysis specialist.
In fact, according to a Parisian tax lawyer who requested anonymity, the figure of 8,500 files application for regularization is "ridiculous if we consider that, in Switzerland alone, there are over 100,000 accounts held by French.”
An argument that is not shared with most other councils surveyed.
Pierre Dedieu, plus the results of the cell Woerth and spontaneous adjustments since, “We’ll get about 15,000 corrections since 2009."
And the benefit to the state could, according to him, be even higher than the one billion euros expected by the government in 2014.
(Le Point, 3 Tuesday December 2013 The Roman)
(Translated: R.S.F. tohiki speed news press, Agence France-Presse, 4 Wednesday December 2013 The Roman)